Résumé et mots-clés de l'article de Francesca Belviso, « Cesare Pavese à travers ses lettres éditoriales. Éloge de l’irrationalisme dans l’Italie post-fasciste »

 

Francesca Belviso,
« Cesare Pavese à travers ses lettres éditoriales. Éloge de l’irrationalisme dans l’Italie post-fasciste »
Cesare Pavese through his editorial letters. In praise of irrationalism in post-fascist Italy

 

Résumé : L’article de Francesca Belviso éclaire d’un jour nouveau les raisons du suicide de Cesare Pavese. Jusque-là, on l’expliquait par la « difficulté d’être » de l’artiste, en particulier une homosexualité mal assumée. Sa correspondance met en lumière de vives tensions avec la maison d’édition Einaudi, sur fond de dissensions politiques. À partir de juin 1945, plus rien ne s’y publie sans l’aval du chef du P.C.I., Palmiro Togliatti. La censure s’accroît avec la création de la collection La Viola, consacrée à l’histoire des religions, à l’ethnologie et à la psychanalyse : Pavese y a pour co-directeur De Martino, qui appartient à l’aile dure du Parti. Leurs échanges s’enveniment à propos de la publication (ou non) d’ouvrages susceptibles de ranimer (selon De Martino) les cendres (encore tièdes) du fascisme, tels ceux de Mircea Eliade. Une lettre de Pavese, datée du 16 février 1950, donne la mesure de son désespoir. La nuit du 27 août de la même année, il avalait une dose massive de barbituriques dans la chambre d’un hôtel turinois.

Abstract : Francesca Belviso's article sheds new light on the reasons for Cesare Pavese's suicide. Until then it had been explained by the artist's "difficulty in being", in particular a homosexuality that was not properly assumed. His correspondence with the Einaudi publishing house, against a backdrop of political dissension, highlights the strong tensions between the two. From June 1945 onwards, nothing was published without the approval of the head of the P.C.I., Palmiro Togliatti. Censorship increased with the creation of the La Viola collection, dedicated to the history of religion, ethnology and psychoanalysis: Pavese was co-directed by De Martino, who belonged to the hard wing of the Party. Their exchanges become more heated over the publication (or not) of works that could revive (according to De Martino) the (still lukewarm) ashes of fascism, such as those of Mircea Eliade. A letter from Pavese, dated 16 February 1950, gives the measure of his despair. On the night of the 27th August of the same year, he swallowed a massive dose of barbiturates in the room of a Turin hotel.

Keywords : Cesare Pavese, Editorial letters, Letters to the editor, Post-fascist Italy, Irrationalism.