Résumé et mots-clés de l'article de Marie-José Tramuta, « Eugenio Montale : un poète à la lettre »

 

Marie-José Tramuta,
« Eugenio Montale : un poète à la lettre »
Eugenio Montale: a poet to the letter

 

Résumé : Marie-José Tramuta s’intéresse au rôle joué, dans l’élaboration de l’œuvre d’Eugenio Montale, par sa correspondance avec Irma Brandeis (alias « Clizia »), dont il avait fait la connaissance à Florence. Entre 1933 et 1939 ils échangèrent 155 lettres. Chacun emprunte à l’autre, sans le lui cacher, au contraire. Mme Tramuta en veut pour preuve la fortune littéraire d’une mésaventure réellement arrivée à Montale et racontée à Irma dans une lettre datée du 2 novembre 1934. Elle aurait pu très mal finir. Le taxi qui le transportait, heurté de plein fouet par un autre véhicule, s’était retourné. Montale crut sa dernière heure arrivée. Or il en réchappa et se sauva, après quelques paroles narquoises lancées aux badauds. L’histoire fut d’abord reprise par Irma, qui en fit la matière d’une nouvelle, Nothing Serious, publiée le 13 juillet 1935 dans le New Yorker : le héros y devient une héroïne. Elle l’envoya à Montale, qui la complimenta, et en tira en 1946 le début de sa nouvelle Sul Limite. Que l’histoire l’ait hantée si longtemps est bien normal : c’était un avant-goût de la mort.

Abstract : Marie-José Tramuta is interested in the role played in the development of Eugenio Montale's work by his correspondence with Irma Brandeis (alias "Clizia"), whom he had met in Florence. Between 1933 and 1939 they exchanged 155 letters. Each one borrowed from the other, without hiding it from him, on the contrary. Mrs Tramuta cites as proof the literary fortune of a misadventure that really happened in Montale and was told to Irma in a letter dated 2 November 1934. It could have ended very badly. The taxi that was carrying him had been hit head on by another vehicle and turned over. Montale thought his last hour had arrived. But he escaped and ran away, after a few sarcastic words to the onlookers. The story was first taken up by Irma, who made it the subject of a short story, Nothing Serious, published in the New Yorker on July 13, 1935, in which the hero becomes a heroine. She sent him to Montale, who complimented her, and in 1946 she wrote the beginning of her new Sul Limite. That the story haunted her for so long is quite normal: it was a foretaste of death.

Keywords : Epistolary relationship, Literary correspondence, Eugenio Montale, Italian poetry, Irma Brandeis.