Résumé et mots-clés de l'article de Maria Dario, « “Un voyage au fond de ma mémoire” : la correspondance littéraire d’André Salmon à Jacques Doucet (1916-1917) »

 

Maria Dario,
« “Un voyage au fond de ma mémoire” : la correspondance littéraire d’André Salmon à Jacques Doucet (1916-1917) »
"A journey to the depths of my memory": the literary correspondence from André Salmon to Jacques Doucet (1916-1917)

 

Résumé : Avec Maria Dario, on arrive aux temps modernes. Son article est consacré à quinze lettres (1916-1917) résultant d’un « contrat épistolaire » passé entre l’écrivain André Salmon et Jacques Doucet, son riche mécène. Alors que la guerre fait rage, ce dernier veut constituer une « bibliothèque idéale de la modernité » en passant commande à des artistes de lettres faisant le point sur l’état de l’Art, à raison d’une par mois. Tous n’acceptèrent pas cette posture de « Schéhérazade ». Blaise Cendras préféra livrer un roman. Quant aux « contrats » conclus, ils finirent presque tous par une rupture, comme dans le cas d’André Salmon, auquel la tension entre le monde de l’argent et celui de l’art finit par apparaître insupportable. Si ses lettres témoignent de désaccords croissants, on y trouve aussi une liberté de jugement qu’on chercherait en vain dans le reste de son œuvre, notamment vis-vis de Paul Fort, qu’il qualifie cruellement de « champêtre et libertin, Orphée au bal musette, Rodolphe à Montfermeil ».

Abstract : With Maria Dario, we arrive at modern times. Her article is devoted to fifteen letters (1916-1917) resulting from an "epistolary contract" between the writer André Salmon and Jacques Doucet, her rich patron. While the war was raging, Doucet wanted to build up an "ideal library of modernity" by commissioning literary artists to take stock of the state of the art, at a rate of one per month. Not everyone accepted this "Scheherazade" posture. Blaise Cendras preferred to deliver a novel. As for the "contracts" that were concluded, almost all of them ended in a rupture, as in the case of André Salmon, for whom the tension between the world of money and the world of art seemed unbearable. While his letters show growing disagreement, they also reveal a freedom of judgement that one would seek in vain in the rest of his work, particularly with regard to Paul Fort, whom he cruelly described as "country and libertine, Orpheus at the bal musette, Rodolphe at Montfermeil".

Keywords : Literary correspondence, André Salmon, Jacques Doucet, Epistolary literature.