Résumé et mots-clés de l'article de Rafaèle Audoubert, « La relation épistolaire de Juste Lipse et Francisco de Quevedo : un lien maître-disciple au sein de querelles religieuses, politiques et philologiques »

 

Rafaèle Audoubert,
« La relation épistolaire de Juste Lipse et Francisco de Quevedo :
un lien maître-disciple au sein de querelles religieuses, politiques et philologiques »
The epistolary relationship between Justus Lipsius and Francisco de Quevedo:
a master-disciple link within religious, political and philological quarrels

 

Résumé : Rafaèle Audoubert étudie un court échange épistolaire (4 lettres), en latin, entre Juste Lipse et Francisco de Quevedo, hommes qu’a priori tout sépare : l’espace, l’âge, la nationalité et la notoriété. Juste Lipse est alors un éminent savant flamand de près de soixante ans, Queævedo un jeune poète espagnol d’une vingtaine d’années. Seuls les rapprochent leur goût pour les grands auteurs hispaniques de l’Antiquité (Martial, Lucain, Quintilien, Sénèque), et la religion. Quevedo est catholique. Après avoir adhéré au luthéranisme, Juste Lipse l’a abjuré lors d’une conversion publique. On le dit très dévot de la Vierge. La première lettre, de Quevedo à Juste Lipse, est obséquieuse. Il y prend prétexte d’un détail de traduction de Macrobe pour entrer en contact avec un Maître respecté, dont il quémande humblement les lumières. Juste Lipse ne lui a pas répondu sur ce point (sans doute n’était-il pas d’accord), mais une correspondance s’est engagée entre Maître et disciple. Elle prend fin avec la mort du Maître, mais semble s’être détériorée avant, en raison de la Guerre des Flandres.

Abstract : Rafaèle Audoubert studies a short epistolary exchange (4 letters), in Latin, between Justus Lipsius and Francisco de Quevedo, men in principle who everything separates: space, age, nationality and fame. Justus Lipsius was then an eminent Flemish scholar of almost sixty years old, Quevedo a young Spanish poet in his twenties. Only their taste for the great Hispanic authors of antiquity (Martial, Lucan, Quintilian, Seneca) and religion brought them closer together. Quevedo is Catholic. After having adhered to Lutheranism, Justus Lipsius abjured it during a public conversion. He is said to be very devout of the Virgin. The first letter, from Quevedo to Justus Lipsius, is obsequious. He uses a detail in the translation of Macrobius as a pretext to get in touch with a respected Master, whose enlightenment he humbly asks for. Justus Lipsius did not answer him on this point (no doubt he did not agree), but a correspondence began between Master and disciple. It ended with the death of the Master, but seems to have deteriorated before that, due to the Flanders War.

Keywords : Epistolary relationship, Francisco de Quevedo, Justus Lipsius, Renaissance.