Résumé et mots-clés de l'article de Vito Avarello, « Épistolographie des lettres ultramarines de Matteo Ricci (1580-1609) »

 

Vito Avarello,
« Épistolographie des lettres ultramarines de Matteo Ricci (1580-1609) »
Epistolography of ultramarine letters by Matteo Ricci (1580-1609)

 

Résumé : Cette étude traite de la correspondance de Matteo Ricci (1580-1609), jésuite italien envoyé en mission en Chine à l’époque des Ming. Littérairement, ses lettres sont remarquables. On y décèle, en particulier, l’influence de saint Ignace de Loyola et celle de Pétrarque (qui préconisait un style plus humain, moins ampoulé que celui de la prose cicéronienne), puisqu’elles ne cachent rien de la fragilité de leur auteur ni de ses faiblesses : nostalgie, découragement, sentiment d’isolement dans un monde vraiment autre ; mais aussi curiosité pour ce monde. Sur la route de Nanxiong à Nan’an, Ricci fait découvrir « une Chine populeuse, une foule au travail, les auberges, les ponts et les fleuves qui traversent les innombrables villages, le mont Meiling, les cités où les voyageurs font halte ». Jamais il n’oublie cependant sa mission apostolique. Quand il parle de ses frères morts pour leur foi, la correspondance tourne au martyrologe. D’autres que leurs destinataires liront ces lettres : l’idéal serait qu’elles suscitent des vocations.

Abstract : This study deals with the correspondence of Matteo Ricci (1580-1609), an Italian Jesuit sent on a mission to China during the Ming period. Literally, his letters are remarkable. In particular, the influence of St. Ignatius of Loyola and Petrarch (who advocated a more human style, less pompous than that of Ciceronian prose) is evident, since they conceal nothing of their author's fragility or weaknesses: nostalgia, discouragement, a feeling of isolation in a truly different world, but also curiosity about that world. On the road from Nanxiong to Nan'an, Ricci makes us discover "a populous China, a crowd at work, the inns, the bridges and the rivers that cross the innumerable villages, Mount Meiling, the cities where travellers stop". However, he never forgets his apostolic mission. When he speaks of his brothers who died for their faith, the correspondence turns into a martyrology. Others than their addressees would read these letters: the ideal would be for them to arouse vocations.

Keywords : Matteo Ricci, Renaissance, China, Epistolary literature, Jesuit literature.